Résumé en bref
Le yoga adapté aide les enfants hyperactifs à canaliser leur énergie et retrouver le calme.
- Les enfants hyperactifs ont besoin de mouvement pour organiser leurs pensées et leurs émotions, pas d’immobilité forcée
- Des exercices dynamiques comme le kangourou permettent de libérer l’agitation avant d’enchaîner avec des moments plus calmes et des respirations
- La respiration 4-7-8 et la « pompe à énergie » sont des techniques simples et efficaces pour favoriser l’apaisement au quotidien
- Une pratique régulière de 5 à 10 minutes par jour suffit pour observer des résultats concrets dès quelques semaines
- Le yoga reste un complément bienveillant qui ne remplace pas un suivi médical professionnel en cas de TDAH diagnostiqué
Je me souviens encore de ce mercredi après-midi où j’ai animé un atelier yoga dans une petite association de quartier. Parmi les enfants présents, il y avait Léo, 8 ans, un petit bonhomme plein d’énergie qui n’arrivait pas à tenir en place plus de deux minutes. Sa maman m’avait glissé en aparté qu’il était hyperactif et qu’elle ne savait plus quoi faire pour l’apaiser. Le yoga pour enfants hyperactifs offre des techniques douces et efficaces pour calmer l’agitation, améliorer la concentration et favoriser un mieux-être émotionnel au quotidien. Cette rencontre avec Léo a changé ma vision du yoga adapté aux plus jeunes et m’a poussée à creuser sérieusement le sujet.
Pourquoi l’agitation des enfants m’a interpellée
Avant de me former au yoga, j’ai traversé moi-même une période compliquée où je me sentais constamment agitée intérieurement, incapable de poser mon mental. Je peux te dire que cette sensation de bouillonnement permanent, je la reconnaissais chez Léo et chez d’autres enfants que j’ai croisés. Quand on vit ça de l’intérieur, on sait à quel point c’est épuisant.
En discutant avec des parents autour de moi, j’ai réalisé que beaucoup d’enfants manifestent une agitation importante, parfois diagnostiquée comme un TDAH, parfois non. Certains sont simplement très dynamiques, d’autres traversent des phases difficiles liées à un déménagement, à l’arrivée d’un petit frère ou à des soucis à l’école. Ce qui m’a frappée, c’est que l’agitation n’est pas toujours synonyme de mauvais comportement, mais plutôt l’expression d’un besoin ou d’une difficulté à gérer ses émotions.
J’ai commencé à m’intéresser aux pratiques corporelles pour canaliser cette énergie débordante. Le yoga m’a semblé tout indiqué, mais j’ai vite compris qu’il fallait adapter les postures, le rythme et surtout l’approche pour que les enfants hyperactifs y trouvent leur compte. Parce qu’un enfant qui ne tient pas en place n’a aucune envie de rester figé dans une posture complexe pendant cinq minutes.
Ce que j’ai vraiment observé avec Léo et les autres
Mon plus gros raté
Lors de ma toute première séance avec Léo, j’ai voulu appliquer les exercices de respiration que j’avais appris en formation classique. Je lui ai demandé de s’allonger sur le tapis, de fermer les yeux et de respirer calmement en gonflant le ventre. Résultat ? Il a tenu quinze secondes avant de se relever, de partir observer une mouche sur la fenêtre, puis de commencer à raconter une histoire à sa voisine.
J’étais un peu déstabilisée, je l’avoue. J’ai réalisé que mon approche était trop statique, trop rigide pour un enfant comme lui. Les enfants hyperactifs ont besoin de mouvement pour organiser leurs pensées et leurs émotions. Leur système nerveux est en hyperstimulation permanente, et leur demander de rester immobiles revient à aller contre leur nature profonde. J’ai compris que je devais complètement revoir ma copie.
Le moment où j’ai eu un déclic
Quelques semaines plus tard, j’ai eu une discussion avec une copine naturopathe qui travaillait avec des enfants neuroatypiques. Elle m’a parlé du lien entre les neurones de l’attention et ceux de la motricité, situés dans des régions voisines du cerveau. Quand les neurones moteurs s’activent, ils envoient un influx nerveux aux neurones de l’attention, qui s’activent à leur tour. Autrement dit, bouger aide à se concentrer.
J’ai alors décidé d’intégrer beaucoup plus de mouvement dans mes ateliers. J’ai proposé à Léo et aux autres enfants des postures dynamiques, des jeux d’équilibre, des exercices où ils pouvaient sauter, secouer le corps, imaginer être des animaux. Et là, magie : Léo était captivé. Il riait, il participait, et surtout, il arrivait à revenir à des moments plus calmes après avoir bougé. C’était comme si son corps avait besoin de décharger l’énergie avant de pouvoir se poser.
Ce jour-là, j’ai aussi testé avec lui un exercice tout simple que j’appelle « la pompe à énergie ». Debout, il inspirait par le nez, serrait les poings, bloquait sa respiration et pompait en faisant monter et descendre les épaules rapidement, comme pour faire remonter toute l’agitation dans sa tête. Puis il soufflait fort pour faire sortir cette agitation. Trois répétitions, et je voyais son visage se détendre progressivement.
Comment ça fonctionne concrètement
Le yoga adapté aux enfants hyperactifs repose sur plusieurs principes que j’ai intégrés au fil de mes ateliers. D’abord, il faut toujours commencer par des exercices dynamiques pour permettre au corps de libérer son trop-plein d’énergie. Ensuite, on alterne avec des moments plus calmes, en utilisant la respiration et des visualisations simples.
Par exemple, j’utilise souvent l’exercice du kangourou : l’enfant saute sur place le plus haut et le plus vite possible pendant une minute, en levant les bras comme pour jeter sa colère ou son agitation. Puis on fait une pause, mains sur le cœur, en respirant profondément. On recommence trois fois. Les enfants adorent, et je vois vraiment leur énergie se canaliser.
Un autre exercice que j’affectionne, c’est le « bol de soupe » pour les tout-petits. On imagine un bol de soupe brûlante et on souffle dessus pour le refroidir. Ça travaille la respiration de façon ludique, sans que l’enfant ait l’impression de « faire du yoga ».
Il y a aussi des techniques plus douces, comme la respiration 4-7-8 que j’utilise le soir avant le coucher. L’enfant inspire par le nez en comptant jusqu’à 4, retient sa respiration en comptant jusqu’à 7, puis expire lentement par la bouche en comptant jusqu’à 8. Quatre cycles suffisent souvent pour instaurer un calme propice à l’endormissement.
| Exercice | Objectif | Durée |
|---|---|---|
| Le kangourou | Libérer la colère et l’agitation | 3 minutes |
| La pompe à énergie | Canaliser l’énergie | 2 minutes |
| Le bol de soupe | Travailler la respiration | 2 minutes |
| Respiration 4-7-8 | Favoriser l’endormissement | 2 minutes |
Je te recommande aussi de créer un coin dédié à la relaxation à la maison : un tapis, quelques coussins, une lumière douce. Ça matérialise le moment de yoga et aide l’enfant à se préparer mentalement. Tu peux y ajouter une musique douce ou une petite veilleuse apaisante.
Les questions que les parents me posent souvent
À partir de quel âge peut-on faire du yoga avec un enfant hyperactif ?
Dès 2-3 ans, on peut proposer des exercices très simples et ludiques comme le bol de soupe ou les plumes de couleur. Pour des techniques plus élaborées, attends plutôt 6-8 ans.
Combien de temps faut-il pratiquer pour voir des résultats ?
Chez Léo, j’ai constaté des changements dès la troisième séance. Il arrivait à mieux gérer ses moments d’agitation et sa maman m’a dit qu’il dormait mieux. Mais chaque enfant est différent, certains mettent plus de temps.
Est-ce que le yoga remplace un suivi médical pour le TDAH ?
Non, absolument pas. Le yoga est un complément précieux, mais il ne remplace pas un diagnostic ni un accompagnement médical si nécessaire. J’encourage toujours les parents à consulter si l’agitation persiste et impacte la vie quotidienne.
Peut-on pratiquer à la maison sans professeur ?
Oui, tout à fait. Je te conseille de commencer par des exercices simples que tu trouveras sur des sites comme Quels sont les bienfaits du yoga sur le stress : guide complet. L’important, c’est la régularité : 5 à 10 minutes par jour suffisent.
Mon enfant refuse de participer, que faire ?
Ne force jamais. Propose les exercices sous forme de jeu, participe avec lui, et sois patient. Parfois, il faut plusieurs essais avant qu’un enfant accroche.
Ce qu’il faut retenir de cette expérience
Si je devais résumer ce que j’ai appris avec Léo et les autres enfants, je dirais que le mouvement est essentiel pour calmer un enfant hyperactif. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas en demandant à l’enfant de rester immobile qu’on l’apaise, mais en lui permettant de bouger de façon structurée et consciente.
Le yoga offre un cadre bienveillant où l’enfant peut chercher ses émotions, apprendre à les reconnaître et à les gérer. C’est aussi une belle occasion de créer un moment privilégié entre parent et enfant, loin des écrans et du tumulte quotidien.
Je t’encourage vraiment à essayer, même si tu n’as aucune expérience en yoga. Les exercices que je t’ai partagés sont simples et accessibles. Tu verras, au bout de quelques jours, ton enfant commencera peut-être à te réclamer ces petits moments de calme. Et toi aussi, tu en tireras sûrement des bénéfices.
Cet article est basé sur mon expérience personnelle et ne remplace pas un avis médical professionnel.
